SAHEL – INTELLIGENCE Samuel Benshimon

Des combattants affiliés à Al-Qaïda ont pris le contrôle de la localité de Farabougou, dans le centre du Mali, imposant leur autorité à la population après s’être emparés du camp militaire local. La prise de cette position stratégique a été revendiquée par le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (JNIM), la branche sahélienne d’Al-Qaïda.

Le camp militaire, l’un des plus importants de la région de Ségou, a été abandonné par les forces armées maliennes après une attaque. Depuis, aucune tentative de reprise n’a été lancée. Farabougou, située à 400 kilomètres de Bamako, symbolise le recul de l’État malien dans des zones désormais sous influence jihadiste.

Sur place, les jihadistes ont imposé leur propre loi : interdiction de musique, d’alcool, de cigarettes, impôt islamique et obligation pour les femmes de se couvrir. Une partie des habitants, qui avaient fui les combats, commence à revenir, contraints d’accepter la domination des groupes armés. « Le chef du village a signé un accord avec eux pour permettre notre retour », confie un habitant à l’AFP.

Des sources locales évoquent l’absence totale de réaction militaire, malgré la gravité de la situation. « Que peuvent faire les habitants ? Certains n’ont nulle part où aller », déplore un élu.

Par ailleurs, certains observateurs évoquent un soutien de puissances étrangères à ces groupes armés. 

Des accusations circulent sur une implication directe du régime militaire algérien dirigé par le général Saïd Chengriha, qui apporte une aide logistique ou matérielle à certains groupes dans la région. 

La Russie et le Mali auraient même reproché à Alger une coopération ambigüe avec des réseaux jihadistes, notamment la fourniture de drones.

By Albert C. Diop

HBodiel