Dette publique : l'Afrique confirme son désendettement progressif en 2025, malgré un record mondial (IFF)

(Agence Ecofin) – En pourcentage du PIB, la dette publique de l’Afrique reste globalement élevée malgré une tendance baissière perceptible depuis quelques années. En revanche, l’endettement des ménages et des entreprises reste relativement modéré au regard de celui constaté dans les économies développées. 

Le ratio moyen dette publique/PIB en Afrique a poursuivi sa tendance baissière amorcée ces dernières années pour s’établir à 62,8% à la fin de l’année 2025 contre 63,7% à la même date de 2024, grâce notamment à des efforts continus d’assainissement budgétaire, selon le rapport « Global Debt Monitor » publié le mercredi 25 février par l’Institut de la finance internationale (IFF), une association de grandes banques basée à Washington. 

Les pays du continent qui affichaient les niveaux les plus élevés de la dette publique rapportée au PIB à la fin de l’année écoulée sont le Sénégal (122,9%), la Zambie (107,2%), le Mozambique (97,2%), la République du Congo (93,1%), la Tunisie (80,6%) et l’Afrique du Sud (79,4%).   

L’Afrique n’affiche pas cependant des niveaux élevés en matière d’endettement des ménages, des entreprises financières et des entreprises non financières. L’endettement des ménages ne représentait que 13,6% du PIB du continent au quatrième trimestre 2025, contre 19,3% pour les entreprises non financières et 9,5% pour les entreprises financières. Ces taux sont largement inférieurs aux moyennes des marchés matures (Etats-Unis, Zone euro, Japon, Royaume-Uni, France, Italie, Allemagne, Canada). Ces moyennes se situent à 67,2% pour l’endettement des ménages, contre 96% pour les entreprises financières et 87,4% pour les entreprises non financières.

Dette mondiale : les États en première ligne

A l’échelle mondiale, la dette a atteint un niveau record de 348 000 milliards de dollars à la fin de l’année écoulée, en hausse de 29 000 milliards de dollars par rapport à la fin de l’année précédente, soit la plus forte hausse annuelle depuis le début de la pandémie de Covid-19 lorsque les réponses à la crise sanitaire avaient provoqué une accumulation sans précédent de la dette mondiale.

Les gouvernements ont contribué à hauteur de plus de 10 000 milliards de dollars à cette hausse. Les États-Unis, la Chine et la zone euro se trouvent sur le podium des principaux contributeurs à l’envolée de la dette publique.

Plus généralement, le cycle mondial de la dette est désormais moins influencé par les ménages ou les entreprises que par les déficits budgétaires persistants des grandes économies, les marchés obligataires ayant absorbé des émissions record de titres de créance au début de l’année. La dette publique mondiale s’élevait à environ 106 700 milliards de dollars à la fin de l’année écoulée, tandis que la dette des entreprises non financières atteignait environ 100 600 milliards. Les dettes des ménages ont augmenté de manière plus modérée, pour atteindre 64 600 milliards de dollars, contre 76 400 milliards pour les entreprises financières.

En pourcentage du PIB, la dette mondiale a légèrement diminué pour s’établir à environ 308 % du PIB en 2025. Les ratios d’endettement des marchés émergents ont cependant continué à grimper, atteignant un niveau record supérieur à 235 % du PIB.

Sur les marchés matures, la dette totale a grimpé à environ 231 700 milliards de dollars, tandis que celle des marchés émergents s’est établie à environ 116 600 milliards de dollars, deux nouveaux records.

Walid Kéfi

By Albert C. Diop

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