Des images diffusées en ligne et vérifiées par l'AFP montrent une colonne de fumée noire s'élevant au-dessus de bâtiments de l'aéroport de Riyad, en Arabie saoudite. [AFP - Photo de @HEY_ITSMYTURN / X]
Les Houthis frappent Ryad, une première depuis la reprise du conflit / Le Journal horaire / 22 sec. / hier à 09:02

Les habitants de Ryad ont été réveillés dans la nuit de vendredi à samedi par une alerte de risque d’attaque suivie de deux fortes explosions, une première dans la capitale saoudienne depuis la reprise des affrontements avec les Houthis du Yémen. Des vols sont annulés à l’aéroport de Ryad, vraisemblablement touché par les frappes.

Le royaume saoudien subit ces derniers jours des attaques croissantes des combattants houthis qui contrôlent une grande partie du Yémen voisin, et viennent d’y effectuer une percée spectaculaire face au gouvernement reconnu par la communauté internationale et soutenu par une coalition menée par Ryad.

Mais les frappes houthies en Arabie saoudite ont jusqu’ici majoritairement ciblé des installations pétrolières et des bases militaires dans le sud ou sur la côte donnant sur la mer Rouge, loin de Ryad, qui n’avait pas encore été menacée depuis la reprise des hostilités en juillet.

Plusieurs explosions

De fortes explosions ont retenti dans la capitale saoudienne dans la nuit, après des messages d’alerte envoyés aux habitants par les autorités,

Les autorités n’ont pas encore détaillé le motif de ces alertes, émises également dans d’autres régions du pays, ni sur d’éventuelles victimes. Des habitants ont signalé à l’AFP des flammes et de la fumée noire visibles près de l’aéroport de Ryad. Selon l’application Flightradar24, il y a des « problèmes majeurs » à l’aéroport de la capitale saoudienne. Des vols sont annulés ou retardés.

Des pompiers ont éteint dans l’après-midi un feu sur un réservoir de carburant portant le logo du géant pétrolier saoudien Aramco près de l’aéroport, selon un journaliste de l’AFP.

Missiles et drones

En soirée, un porte-parole de la coalition dirigée par l’Arabie saoudite, qui soutient le gouvernement yémenite face aux Houthis, a déclaré sur X qu’un missile tiré à l’aube par ces combattants en direction de Ryad avait été intercepté et détruit.

Selon lui, les Houthis ont également tenté de cibler « des civils et des biens civils » dans plusieurs villes de l’ouest du royaume dont le port de Yanbu, sur la mer Rouge, depuis lequel Ryad exporte du pétrole. Il a affirmé que ces attaques avaient été « déjouées ».

Dans un communiqué publié sur Telegram, le porte-parole militaire des Houthis a indiqué qu’ils avaient mené deux attaques avec des missiles et des drones.

« La première a visé des sites sensibles à Ryad, et la seconde a visé des installations d’Aramco à Yanbu », a ajouté Yahya Saree.

Contrôle de Bab el-Mandeb

La capitale saoudienne avait déjà été frappée au plus fort de la guerre régionale déclenchée fin février par l’attaque américano-israélienne contre l’Iran. L’ambassade américaine, dans le quartier diplomatique de la ville, avait notamment été touchée par un drone en mars.

En réponse aux Houthis, l’Arabie saoudite a quotidiennement et largement bombardé des zones qu’ils contrôlent au Yémen, sans toutefois parvenir pour l’heure à contrer leurs avancées.

Depuis leur offensive éclair de début septembre, les rebelles contrôlent désormais tout le littoral yéménite sur la mer Rouge, et ont ainsi renforcé leur emprise sur le stratégique détroit de Bab el-Mandeb, qui relie l’Europe à l’Asie via le canal de Suez.

Les forces gouvernementales yéménites cherchent à stopper les avancées des Houthis. Les affrontements ont fait des centaines de morts depuis début septembre, dont 48 décès lors des 24 dernières heures, ont indiqué samedi des sources des deux camps.

afp/furr

By Albert C. Diop

HBodiel