Mauritanie. Gouvernement Moctar ould Diay bis : les premiers commentaires

LE360 AFRIQUE – La démission de Moctar ould Diay du poste de Premier ministre n’aura duré que vingt-quatre heures. En place depuis trois ans, il a été chargé de former un nouveau gouvernement qui comprend 29 membres au sein duquel la forte présence de femmes, le respect des équilibres régionaux, ethniques et tribaux classiques ne sont pas passés inaperçus.

Vendredi dernier, Ould Diay avait présenté la démission du gouvernement au président mauritanien, au lendemain de la présentation des conclusions du rapport de la «commission d’enquête indépendante» sur l’incendie de deux stations de transformation électrique à Nouakchott.

Cependant, la composition du gouvernement Moctar ould Diay II n’est visiblement pas du goût des militants des circonscriptions de Bababe et MBagne, qui regrettent l’absence de leurs représentants dans la répartition des postes ministériels.

Dans le nouvel exécutif, onze départs dont les plus notables celui des ministres de la Défense, des Affaires des Retraités et des Enfants de Martyrs, le général à la retraite Hanana ould Sidi, celui de l’Intérieur et de la Promotion de la décentralisation, Mohamed Ahmed ould Mohamed Lemine, proches du président Mohamed Cheikh El Ghazouani.

Au registre des départs, mais cette fois, sans surprise, on peut citer celui de Mohamed ould Khaled, désormais ex-ministre de l’Énergie et du Pétrole, emporté par la gigantesque panne d’électricité de fin août.

Les retraits de deux importantes personnalités, titulaires de départements stratégiques, Défense et Intérieur, confortent la main mise de Moctar ould Diay sur l’équipe gouvernementale et devrait lui donner des coudées franches, selon de nombreux observateurs.

Ba Adama Moussa, membre Conseil National Insaf principal parti de la majorité, donne une lecture positive du remaniement «au plan politique, c’est une équipe expérimentée dont les éléments ont eu à exercer d’importantes charges par le passé et jouissent d’une certaine compétence. Les profils choisis correspondent aux défis à relever les prochaines années, en corrigeant les inévitables manquements identifiés par le passé».

Le Pr Khalil Deddeh, haut responsable de l’Union des Forces de Progrès (UFP), un parti de l’opposition, reste sceptique et note «une redistribution des cartes» au sein du régime et estime «on fait du surplace. Le Premier ministre a apparemment rendu plus homogène son équipe, pour avoir les coudées franches. Mais cette homogénéisation permettra t-elle de répondre aux attentes des populations?».

Khalil Deddeh rappelle au nouveau gouvernement certains enjeux liés aux rapports qu’il entend entretenir avec l’opposition, le dialogue nationale engagé par le président de la République et surtout la crise sociale.

Dieng Adama Boubou, député Insaf met l’accent de la nécessité d’un changement, «il faut changer la méthode de travail et améliorer les procédures administratives. Ce qui est important, c‘est le résultat qu’on attend de ce changement. Connaissant le Premier ministre, je suis convaincu que les résultats suivront».

Par Amadou Seck (Nouakchott, correspondance)

Par Amadou Seck (Nouakchott, correspondance)

By Albert C. Diop

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