
Félix Tshisekedi et Paul Kagamée se sont entretenus au Qatar. Entretien qui a abouti à un cessez-le-feu dans l’Est de la Rdc grâce à la médiation de l’Emir du Qatar Tamim ben Hamad al-Thani. Mais, Karim Wade, qui est membre d’un Fonds souverain qatari, et fait office de conseiller auprès des deux chefs d’Etat, constitue le facteur X de cet accord. Grâce à cette posture, il a réussi à rapprocher les positions des deux dirigeants qui se regardaient en chiens de faïence.Par Bocar SAKHO –
Prophète loin de chez lui ? Derrière l’annonce de cessez-le feu signée à Doha dans le cadre de la crise diplomatique entre Kinshasa et Kigali, il y a eu la signature discrète d’un homme : Karim Meïssa Wade. Le Quotidien a appris que le leader du Parti démocratique sénégalais (Pds), qui vit reclus à Doha, s’est pourtant rendu discrètement dans les capitales du Rwanda et de la République démocratique du Congo pour discuter avec les présidents Paul Kagame et Félix Tshisekedi. Alors que les relations entre les deux hommes étaient devenues glaciales. Et la crise s’enlisait dans une terrible impasse.
Qu’est-ce qui a facilité tout ça ? Evidemment, ses relations personnelles avec les deux leaders auprès de qui il fait office de conseiller. Grâce à cette proximité, il a réussi à rapprocher leurs positions. Cet entregent est facilité aussi par son influence au sein du cercle de l’Emir du Qatar, qui a supervisé la signature des accords de cessez-le-feu. Tamim ben Hamad al-Thani a confié à l’ancien candidat recalé aux présidentielles de 2019 et 2024, un poste au sein de l’administration d’un fonds souverain qatari, qui lui permet d’avoir une certaine aura diplomatique internationale.
Aujourd’hui, cette implication de Wade-fils fait partie des clefs pour apaiser cette région des Grands Lacs engagée depuis plusieurs semaines dans des raouts diplomatiques sans succès. Hier, les regards étaient tournés vers l’Angola, où devaient s’ouvrir, à Luanda, des négociations entre le groupe armé Afc/M23 et Kinshasa. Des négociations qui n’ont pas pu commencer en raison de l’absence, du mouvement rebelle, qui a suspendu sa participation, révèle Rfi.
Cette rencontre entre les chefs d’Etat rwandais et congolais, qui a eu lieu pour la première fois depuis plus d’un an, va probablement constituer le premier acte de la résolution de la crise sécuritaire dans l’Est de la Rdc. Car Kinshasa accuse son voisin de soutenir la rébellion du M23, qui s’est emparée de larges parts des provinces du Sud et du Nord-Kivu à la suite d’affrontements sanglants qui ont provoqué l’exode de nombreux civils lancés sur les routes de l’exil. Des accusations étayées par plusieurs rapports des Nations unies, mais démenties par Kigali. Après ce face-à-face «cordial», Paul Kagame et Félix Tshisekedi ont convenu de poursuivre «les discussions» pour aboutir à une paix durable.
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