pointschauds.info – La situation d’Ahmed Ould Samba, détenu d’opinion depuis janvier à la prison centrale de Nouakchott-Ouest, vient de franchir un nouveau seuil critique. Ce jeudi, ses avocats ont annoncé que le prisonnier d’opinion a entamé une grève de la faim illimitée depuis le 26 mars, une décision ultime pour protester contre des conditions de détention qu’il juge illégitimes et inhumaines.

Une détention prolongée sous le signe de l’inégalité
Alors que la loi prévoit un délai maximal d’un mois pour le renvoi devant un tribunal dans les affaires de publication, Ould Samba croupit derrière les barreaux depuis plus de deux mois sans jugement. Ses défenseurs dénoncent un traitement discriminatoire : d’autres accusés dans des dossiers comparables ont été libérés ou présentés à un juge, tandis que lui reste enfermé, sans motif valable selon son équipe juridique.

Homme fragile, souffrant de diabète et de problèmes oculaires, Ould Samba a déjà enduré le mois de Ramadan dans des conditions pénitentiaires précaires. Aujourd’hui, en refusant toute nourriture, il met délibérément sa vie en danger – un sacrifice destiné à briser le silence autour de son cas.

Face à ce qu’ils considèrent comme une injustice flagrante, ses avocats pressent les autorités d’intervenir avant qu’il ne soit trop tard. Ils invitent également la société civile et les organisations de défense des droits humains à se saisir de cette affaire, érigée en symbole des dérives d’un système judiciaire inéquitable.

La balle est désormais dans le camp des institutions. Laisser mourir un homme pour ses opinions serait une tache indélébile sur la démocratie mauritanienne.

By Albert C. Diop

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