Affaires APA-Washington (Etats-Unis)

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Dans sa croisade contre le déficit commercial des Etats-Unis, le président américain Donald Trump a imposé des droits de douanes à 180 pays dont 50 africains, avec des taux d’imposition allant de 10 % à 50 %.
Des menaces aux actes. Le président des Etats-Unis, Donald Trump, a mis à exécution l’une de ses principales promesses de campagne d’imposer des tarifs douaniers à tous les pays envers lesquels Washington a un déficit commercial,ou qui imposent des taxes importantes sur les produits américains.
Malgré la faiblesse de certaines de ses économies, l’Afrique est parmi les zones les plus touchées avec des taxes allant de 10 % à 50 %. Les nouveaux tarifs affectent des pays déjà confrontés à des défis tels que la pauvreté, la dette et des crises sanitaires.
L’Afrique du Sud, principal exportateur du continent vers les États-Unis, voit son secteur automobile particulièrement touché, avec des tarifs additionnels de 25% sur les véhicules et les pièces détachées, mettant en péril un secteur d’exportation de 2 milliards de dollars.
Le Lesotho, petit royaume enclavé, est frappé par le tarif le plus élevé, soit 50%, en raison de ses propres tarifs de 99% sur les produits américains, selon l’administration Trump.
Ces décisions s’inscrivent dans une série de mesures protectionnistes de l’administration Trump qui a également réduit l’aide américaine à l’Afrique et démantelé l’USAID, signalant un changement significatif dans les relations entre les États-Unis et l’Afrique.
« Ces mesures marquent une rupture significative avec l’African Growth and Opportunity Act (AGOA), un accord commercial de longue date visant à soutenir le développement africain en offrant un accès préférentiel aux marchés américains. Et donc, ce sera dramatique pour les produits ou exportateurs qui s’étaient spécialisés sur ce marché américain », analyse l’économiste sénégalais, Meissa Babou.
A l’en croire, les pays africains n’ont pas la capacité de répondre à cette provocation américaine parce que nous importons déjà tout.
« Si on suit cette logique, nous allons créer chez nous une inflation intérieure parce que l’augmentation de 10% des droits de douane risque quand même de créer une flambée des prix chez nous. Et donc, je crois que ce n’est pas très intelligent de vouloir suivre Donald Trump dans cette logique de guerre commerciale », affirme-t-il.
Pour M Baou, puisque notre position d’importateur ne nous permet pas de garantir une production locale suffisante, « nous devons rester calmes et ne pas répondre à cette agression commerciale américaine. »
Face à un marché américain qui se rétrécit et un marché européen aux exigences trop fortes en termes de normes, et donc difficilement pénétrable pour les produits africains, Meissa Babou estime que le marché asiatique pourrait être une bonne alternative.
« Il pourrait exister des moyens de contourner le marché américain, à condition que les exportations, même si elles sont considérables, puissent être redirigées vers d’autres zones économiques, comme l’Asie ou l’Europe.
(…) Cependant, les avantages dont bénéficiaient les Africains grâce à l’AGOA ne se retrouvent pas en Europe. En effet, les normes commerciales européennes, souvent très exigeantes en matière de qualité des produits, représentent un obstacle majeur. Cela complique l’accès à ce marché, qui est déjà notoirement difficile à pénétrer.
(…)Néanmoins, d’autres pays, comme la Chine, offrent des opportunités. Avec une économie puissante et une population immense qui consomme presque tout, la Chine pourrait représenter une nouvelle voie prometteuse pour les exportateurs africains », conclut-il.
Tableau de la liste des tarifs douaniers appliqués par les Etats-Unis et les pays africains