Abdallahi Sarr.

Les rumeurs de plus en plus insistantes annonçant le retour à Nouakchott de l’ancien Président de la République, Maaouya Sidahmed Taya, placent notre pays devant un moment de vérité.
Un moment qui appelle non pas à la passion, mais a la raison, non pas à la division, mais a la responsabilité, non pas à la revanche, mais à la grandeur.
Car il ne s’agit pas seulement du retour d’un ancien chef d’Etat, il s’agit du retour d’une page entière de notre histoire, avec ses réussites, ses erreurs, ses douleurs, ses blessures et ses souvenirs encore vivants dans la mémoire de nombreux Mauritaniens.
Oui, il existe des dossiers sensibles, au premier rang desquels le passif humanitaire, qui continue de susciter une profonde émotion et dont les victimes méritent toujours respect, considération et justice.
Nul ne peut effacer les souffrances vécues, ni demander à la mémoire de se taire.
Mais une nation ne se construit ni dans la haine, ni dans le règlement de comptes permanents. Une nation se construit dans la vérité, la justice et la réconciliation.
Je voudrais donc lancer un appel solennel à l’ensemble du peuple Mauritanien. Ne laissons pas les passions l’emporter sur la raison. Ne permettons pas que les blessures du passé deviennent les chaines de notre avenir. Nous sommes un seul peuple, uni par une même terre, une même foi et un même destin.
La vie nous enseigne une grande leçon d’humilité : Le pouvoir est éphémère, la gloire est passagère et la destinée des hommes appartient à ALLAH seul. Celui qui gouverne aujourd’hui peut être dans l’opposition demain, celui qui est fort aujourd’hui peut devenir vulnérable demain. Personne n’est à l’abri des retournements de l’histoire.
C’est pourquoi nous devons faire triompher les valeurs qui ont toujours fait la force de la Mauritanie ; La tolérance, le pardon, la fraternité et l’humanisme.
Je m’adresse également au gouvernement et, tout particulièrement, à son Excellence le Président de la République, Mohamed Cheikh Ghazouani.
L’heure est à la sagesse d’Etat.
La gestion de cette question exige du tact, de la sérénité et une vision de long terme. Elle exige de préserver la paix civile, de protéger l’unité nationale et d’éviter toute décision qui pourrait raviver les tensions ou rouvrir des blessures que notre peuple s’efforce de cicatriser depuis des décennies. Le Président Ghazouani a fait de l’apaisement politique et du dialogue national une méthode de gouvernance. Aujourd’hui encore, l’histoire lui offre l’occasion de démontrer que la force d’un Etat ne réside pas dans la confrontation, mais dans sa capacité à gérer les situations les plus sensibles avec justice, sagesse et hauteur de vue.
La Mauritanie est plus grande que nos divergences. Elle est plus importante que nos rancœurs et plus précieuse que nos querelles politiques. Au moment où notre pays est confronté à de nombreux défis économiques, sociaux et géopolitiques, nous avons le devoir sacré de préserver ce bien inestimable qu’est la stabilité nationale.
Que personne n’appelle à la haine. Que personne n’attise les passions. Que personne ne cherche à opposer les Mauritaniens aux Mauritaniens.
Faisons le choix de la responsabilité, de la fraternité et de la paix.
Car les nations qui survivent sont celles qui savent regarder leur passé avec lucidité, mais construire leur avenir avec sagesse.
La Mauritanie a besoin de mémoire, mais elle a encore plus besoin d’unité.
Elle a besoin de justice, mais elle a surtout besoin de paix.
Abdallahi Sarr : 46500302
Inspecteur Principal du Trésor