Dans l’histoire des nations, il arrive des moments où la stabilité devient une nécessité stratégique, non un simple choix politique.

La Mauritanie traverse une phase de consolidation institutionnelle, de transformation économique et de repositionnement géopolitique. Dans ce contexte, la question d’un troisième mandat du Président Mohamed Cheikh Ghazwani mérite d’être posée sans tabou.

  1. La stabilité comme valeur suprême
    Depuis son accession à la magistrature suprême, le Président Ghazwani a instauré un climat d’apaisement politique inédit. Dialogue avec l’opposition, décrispation sociale, réconciliation nationale, respect des institutions : ces acquis ne sont pas abstraits, ils ont profondément modifié le paysage politique mauritanien.
    Dans une région sahélienne marquée par l’instabilité, la Mauritanie demeure un pôle de sécurité et de continuité institutionnelle. La stabilité n’est pas un luxe : c’est une garantie pour les investisseurs, pour les partenaires internationaux et surtout pour les citoyens.
    Un troisième mandat serait l’assurance de préserver cette trajectoire.
  2. La maturité des grands chantiers
    Les grandes réformes ne produisent pas leurs effets en un seul cycle électoral. Les projets structurants engagés — modernisation de l’État, réforme foncière, politiques sociales ciblées, infrastructures énergétiques et gazières — exigent continuité et cohérence.
    Interrompre cette dynamique au moment où les fruits commencent à apparaître pourrait créer une rupture coûteuse. La continuité du leadership permettrait d’achever les transformations engagées et d’ancrer définitivement les réformes dans la durée.
    L’histoire politique montre que les pays qui réussissent leurs transitions économiques sont souvent ceux qui garantissent la stabilité stratégique sur une période prolongée.
  3. La légitimité populaire comme fondement
    Dans une démocratie, la source ultime de légitimité demeure le peuple. Si une révision constitutionnelle devait être envisagée, elle ne pourrait se faire que par des mécanismes légaux et par consultation populaire.
    Autrement dit : ce ne serait pas un homme qui s’imposerait, mais une nation qui choisirait.
    Le débat sur un troisième mandat ne doit donc pas être caricaturé ; il doit être replacé dans le cadre institutionnel et démocratique.
  4. Le leadership dans un contexte géopolitique sensible
    La Mauritanie occupe aujourd’hui une position stratégique en Afrique de l’Ouest et dans le monde arabe. Entre enjeux sécuritaires sahéliens, exploitation du gaz offshore et repositionnement diplomatique, le pays a besoin d’un leadership expérimenté, respecté à l’international et capable de naviguer dans des équilibres complexes.
    L’expérience devient alors un atout décisif.
  5. Une continuité au service de l’intérêt général
    Un troisième mandat ne doit jamais être perçu comme une ambition personnelle, mais comme une option au service de l’intérêt supérieur de la nation.
    Si les Mauritaniens estiment que la continuité garantit davantage de progrès que l’alternance, leur choix mérite respect.
  6. Conclusion
  7. La question n’est pas : « Un troisième mandat est-il souhaitable par principe ? »
  8. La véritable question est :
  9. La Mauritanie a-t-elle intérêt, à ce moment précis de son histoire, à prolonger une dynamique de stabilité et de transformation ?
  10. Si la réponse populaire est oui, alors pourquoi pas ?

Abdallahi Sarr : Administrateur de Régie
Financière à la Retraite : 46 50 03 02

By Albert C. Diop

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