APA-Tunis (Tunisie)APA-Tunis (Tunisie)

Un émissaire du président mauritanien a transmis un message écrit au chef de l’État tunisien, dans un contexte de repositionnement diplomatique régional.

Le président tunisien Kaïs Saïed a reçu, vendredi 27 février au palais de Carthage, M. El Houssein Ould Medou, ministre mauritanien de la Culture, des Arts, de la Communication, des Relations avec le parlement et Porte-parole du gouvernement, en qualité d’envoyé spécial du président Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani. Selon un communiqué de la Présidence tunisienne, l’émissaire était porteur d’une lettre écrite du chef de l’État mauritanien.

L’entretien a porté sur les relations bilatérales entre la Tunisie et la Mauritanie, présentées comme historiquement privilégiées. La Présidence rappelle que Tunis fut le premier pays à reconnaître l’indépendance de la Mauritanie et à la soutenir dans les instances internationales. Cette référence historique s’inscrit dans une volonté affichée de réactiver des liens politiques et diplomatiques à l’heure où les équilibres régionaux connaissent des recompositions rapides.

Le chef de l’État tunisien a également évoqué la dimension académique et humaine de la relation entre les deux pays. De nombreux étudiants mauritaniens poursuivent leur formation en Tunisie, tandis que des Tunisiens optent pour des cursus en Mauritanie. Au-delà de la symbolique fraternelle, cette coopération éducative reste cependant peu structurée sur le plan économique, alors même que les deux pays cherchent à diversifier leurs partenariats dans un contexte de pressions budgétaires internes.

Selon la Présidence, l’échange a également abordé « les évolutions rapides et successives que connaît le monde ». Kaïs Saïed a insisté sur la nécessité d’unifier les positions pour faire face aux défis internationaux, affirmant qu’« un nouvel ordre est en train de se dessiner » et que les pays concernés doivent en être « les acteurs et non les victimes ». Cette rhétorique, récurrente dans le discours tunisien actuel, traduit une volonté d’affirmation souverainiste, sans que des mécanismes concrets de coordination maghrébine ou africaine n’aient été détaillés à ce stade.

Au-delà de la portée protocolaire de la remise de la lettre, la rencontre intervient dans un contexte où Tunis et Nouakchott cherchent à consolider leur ancrage diplomatique au sein de l’espace africain et arabe. Reste à savoir si cette relance affichée se traduira par des initiatives économiques ou stratégiques tangibles, ou si elle demeurera cantonnée au registre des déclarations d’intention.

MK/AK/Sf/APA

By Albert C. Diop

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