Hommage à M. Ndiaye Daouda
Inna lillahi wa inna ilayhi raji’un.

Aujourd’hui, je ne rends pas seulement hommage à un homme d’exception.
Je rends hommage à un compagnon de route, à un partenaire de travail, à un frère, à un homme dont la loyauté et la droiture ont marqué l’un des chapitres les plus importants de ma vie publique.
Un homme que j’ai connu dans l’action et dans l’épreuve
Lorsque j’étais ministre et qu’il était fédéral du Brakna, nos chemins se sont croisés dans un contexte où chaque décision comptait, où chaque dossier engageait l’avenir de nos populations.
C’est dans ces moments-là que l’on découvre la vraie nature des hommes.

Et Ndiaye Daouda, je l’ai découvert grand.

Grand par sa rigueur.
Grand par sa lucidité.
Grand par son sens du devoir.
Grand par sa foi, qui guidait chacune de ses positions.

Il n’était pas seulement un relais politique :
il était un pilier, un homme sur qui l’on pouvait s’appuyer sans crainte, un homme qui ne trahissait ni sa parole, ni ses valeurs, ni son pays.
Un partenaire de travail exceptionnel
Nous avons travaillé ensemble sur plusieurs dossiers sensibles, parfois complexes, parfois urgents, toujours cruciaux.
Et à chaque fois, il apportait :

  • une analyse fine,
  • une loyauté sans faille,
  • un sens aigu de l’intérêt général,
  • et cette capacité rare à rassembler autour de l’essentiel.

Il ne cherchait ni la lumière ni les honneurs.
Il cherchait le résultat juste, celui qui sert la population, celui qui respecte la République, celui qui satisfait sa conscience devant Allah SWT.

Dans les moments difficiles, il était ce conseiller discret mais déterminé, ce sage qui vous dit la vérité même lorsqu’elle dérange, ce compagnon qui ne recule jamais devant la responsabilité.

Un homme de devoir, du début à la fin
Son passé de gendarme se ressentait dans tout ce qu’il faisait :
la discipline, la droiture, la constance, la fidélité à la parole donnée.

Il avait cette manière unique de défendre une cause :
calme mais ferme, humble mais inébranlable, toujours animé par la conviction que la justice doit prévaloir.

Je me souviens de nos échanges, parfois tardifs, parfois intenses, toujours empreints de respect et de sincérité.

Il ne parlait jamais pour plaire, mais toujours pour construire et servir, cet aspect me rappellait très souvent un autre homme qui a aussi marqué ma vie professionnelle à bien des égards ; feu Sidi Mohamed Abass, paix à son âme – Amine.

Un homme de terrain, un homme du peuple

Dans le Brakna, à Boghé, dans chaque village, chaque concession, il était connu non pas pour son titre, mais pour sa présence.
Il était de ceux qui se déplacent, qui écoutent, qui comprennent, qui anticipent et qui apaisent.

Il avait ce don rare de sentir les besoins des populations avant même qu’elles ne les expriment. Et il agissait, toujours. Dans ce registre, parmi ses innombrables services, celui qu’il a rendu au casier pilote de Boghé restera gravé dans la mémoire collective. Il s’y est investi corps et âme, convaincu que ce projet était vital pour l’avenir des populations.
Un homme de foi, avant tout
Ce qui m’a le plus marqué chez lui, c’est la place centrale de la foi dans sa vie.
Il ne séparait jamais l’action publique de la responsabilité spirituelle.
Pour lui, servir l’État, servir la communauté, servir la vérité, c’était servir Allah.

Il me répétait souvent en m’appelant affectueusement Elimane « à mon âge la seule redevabilité qui vaille est celle devant Allah SWT ».
Et il a vécu selon cette conviction, jusqu’à son dernier souffle.
Le Baobab est tombé disons nous… mais son héritage demeure
Sa disparition est une perte immense pour la Mauritanie, pour le Brakna, pour Boghé, pour la communauté Halayɓe du Nord et du Sud.
Mais pour moi, elle est aussi une perte personnelle, profonde, douloureuse – Inna lillahi wa inna ilayhi raji’un –

Un homme comme lui ne disparaît pas vraiment.
Il laisse derrière lui :

  • des valeurs,
  • des principes,
  • une méthode,
  • une éthique,
  • un exemple et un héritage moral qui continueront d’inspirer longtemps.
    Prière
    Qu’Allah, Le Très Miséricordieux,
    lui accorde Son pardon,
    élargisse sa tombe,
    la remplisse de lumière,
    et l’accueille dans Son vaste Paradis.

Qu’Il accorde patience et réconfort à sa famille, à ses proches, et à tous ceux qui l’ont aimé.

À Allah nous appartenons, et à Lui nous retournons.
Ndiaye Daouda, mon frère, permettez-moi de vous dire mon compagnon de route, tu t’en es allé. Mais ton héritage demeure. Mission accomplie.

Signé :

Adama Bocar SOKO
Ancien Ministre
Fontionnaire International

By Albert C. Diop

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