Les incendies qui ont récemment frappé deux transformateurs principaux alimentant plusieurs quartiers de Nouakchott ont provoqué d’importants dégâts et de graves perturbations dans la vie de nos concitoyens.

Je voudrais, avant toute chose, leur exprimer ma solidarité et ma compassion face à cette situation.

Je voudrais également saluer la réaction rapide du Président de la République, dont la présence sur le terrain a permis de mesurer directement l’ampleur des dégâts.

Cette réaction présidentielle est importante, mais elle doit maintenant être suivie d’une action profonde et durable.

La commission d’enquête présidée par l’ancien ministre Kane Ousmane doit aller au-delà de la recherche d’un simple responsable. Elle doit répondre à des questions essentielles : Dans quel état étaient les transformateurs ? Leur maintenance était-elle régulièrement assurée ? Les éventuelles alertes techniques ont-elles été prises en compte ? Les capacités des équipements correspondaient-elles à l’évolution de la demande ? Les marchés d’acquisition, d’installation et de maintenance ont-ils été exécutés conformément aux normes et aux règles de transparence ?

Surtout, il faut déterminer s’il s’agit d’un accident isolé ou du symptôme d’un dysfonctionnement plus profond de notre système de gestion des infrastructures publiques.

Monsieur le Président,

C’est aussi dans ces moments difficiles que le véritable soutien à l’action présidentielle doit s’exprimer : non par le silence ou les applaudissements, mais par des propositions et une exigence de vérité

Je souhaite donc que cette crise soit saisie comme une occasion de renforcer la gouvernance publique : audits réguliers des infrastructures stratégiques, maintenance préventive obligatoire, contrôle rigoureux des marchés publics, responsabilisation des gestionnaires et valorisation de la compétence.

Car la gabegie ne se limite pas au détournement de l’argent public. Elle réside aussi dans le gaspillage, la négligence, le mauvais entretien, le favoritisme, l’incompétence et le laisser-aller qui finissent toujours par coûter cher à la collectivité.

Que ces deux incendies ne soient donc pas seulement une catastrophe à réparer, mais une alerte à entendre.

Puisse cette épreuve être le prélude à une nouvelle page de la gouvernance de notre pays : une page où la compétence prime sur le clientélisme, où la prévention remplace l’improvisation, où la responsabilité accompagne l’autorité et où aucun responsable ne puisse échapper à l’obligation de rendre compte.

Notre pays n’a pas seulement besoin de nouvelles infrastructures ; il a besoin d’une nouvelle culture de gestion de la chose publique.

Abdallahi SARR

46500302

Administrateur de régie financier

By Albert C. Diop

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