Algérie : le parlement vote à l’unanimité une décision visant l’envoi des unités de l’armée au Niger

AGENCE ANADOLU – La décision est intervenue quatre jours après la signature d’un protocole d’accord pour renforcer la coopération militaire entre Alger et Niamey.

Le Conseil de la Nation, chambre haute du parlement algérien, a adopté, ce dimanche, à l’unanimité une décision visant à envoyer des unités militaires au Niger. Convoqués pour une séance plénière extraordinaire à huis clos, les sénateurs algériens donnent ainsi leur accord pour un changement profond de la doctrine militaire algérienne qui interdisait l’intervention de l’armée en dehors des frontières du pays.

La même décision sera soumise, dans l’après-midi, à l’Assemblée populaire nationale (APN), chambre basse du parlement, pour un vote similaire. La décision des autorités algériennes d’envoyer des troupes au Niger est intervenue après la signature, mercredi dernier, d’un protocole d’accord pour le renforcement de la coopération militaire entre les deux pays.

Le document a été signé à l’occasion de la visite en Algérie du ministre nigérien de la Défense nationale, Salifou Mody. A l’occasion, le général d’armée Saïd Chanegriha, ministre délégué auprès du ministre algérien de la Défense nationale et chef d’état-major de l’Armée nationale populaire algérien (ANP) avait affiché «la disponibilité de l’Algérie à examiner toute proposition de la partie nigérienne susceptible de consolider la coopération militaire et sécuritaire, au service des intérêts supérieurs des deux pays frères et conformément à la volonté affirmée de leurs dirigeants ».

Le protocole d’accord en question prévoit « une coopération et un échange d’expériences dans le domaine de la lutte contre le terrorisme, ainsi que la réponse à tout projet demandé par les autorités nigériennes visant à renforcer les capacités opérationnelles de l’armée nigérienne ».

Selon l’ancien diplomate algérien, Amar Belani, le « futur déploiement militaire algérien se ferait à la base stratégique de Madama ».

« La réunion des deux chambres du Parlement algérien prévue aujourd’hui devrait donner le feu vert constitutionnel à l’envoi de forces militaires algériennes à l’étranger, conformément à l’article 91 de la Constitution. Cet engagement répondrait à une demande souveraine des autorités nigériennes et s’inscrirait dans le cadre d’un accord bilatéral de coopération sécuritaire », a-t-il écrit dans un poste sur sa page officielle sur Facebook.

Selon lui, « les forces algériennes seraient appelées à stationner sur la base militaire de Madama, dans le nord du Niger, à proximité de la frontière libyenne ». Cette base était, a-t-il rappelé, « un ancien point d’appui français développé dans le cadre de l’opération Barkhane ». « Ce site occupe une position stratégique pour la surveillance des espaces sahéliens et des axes transfrontaliers », a-t-il ajouté.

Pour rappel, l’Algérie a fourni, l’été dernier, une assistance militaire au Niger, en envoyant des avions de chasse à Niamey, pour soutenir les autorités nigériennes lors de la dernière tentative de coup d’Etat dans ce pays.

La dernière intervention de l’armée algérienne en dehors des frontières du pays remonte à 1973, lorsqu’elle avait pris part à la guerre arabo-israélienne. La constitution algérienne fixait pour mission permanente à l’armée de « sauvegarder l’indépendance et la souveraineté du pays », ainsi que « la défense de l’intégrité de son territoire ».

Mais l’amendement constitutionnel de 2020 a introduit, dans l’article 31, un alinéa qui stipule que : « L’Algérie peut, dans le cadre du respect des principes et objectifs des Nations Unies, de l’Union Africaine et de la Ligue des Etats Arabes, participer au maintien de la paix ».

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By Albert C. Diop

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