
L’Union africaine (UA) a exprimé samedi sa « grave préoccupation » face aux récents développements en République bolivarienne du Venezuela, notamment les informations faisant état de l’enlèvement du président Nicolás Maduro et d’attaques militaires contre des institutions vénézuéliennes, et a réaffirmé avec force son attachement aux principes de souveraineté des États et de non-ingérence.
Dans un communiqué publié depuis son siège à Addis-Abeba, l’organisation panafricaine réaffirme son « engagement inébranlable » aux principes fondamentaux du droit international, notamment le respect de la souveraineté des États, de leur intégrité territoriale et du droit des peuples à l’autodétermination, tels qu’inscrits dans la Charte des Nations unies.
L’UA souligne avec insistance que « les défis internes complexes auxquels le Venezuela est confronté ne peuvent être résolus de manière durable que par un dialogue politique inclusif entre les Vénézuéliens eux-mêmes », excluant ainsi toute intervention extérieure unilatérale.
L’organisation continentale appelle toutes les parties concernées à faire preuve de retenue, de responsabilité et de respect du droit international afin d’éviter toute escalade et de préserver la paix et la stabilité régionale.
L’Union africaine insiste sur l’importance du dialogue, du règlement pacifique des différends et du respect des cadres constitutionnels et institutionnels, dans un esprit de bon voisinage, de coopération et de coexistence pacifique entre les nations.
Exprimant sa solidarité avec le peuple vénézuélien, l’UA réitère son engagement en faveur de la promotion de la paix, de la stabilité et du respect mutuel entre les nations et les régions.
Cette réaction de l’UA intervient après ce que les autorités américaines ont qualifié d’« opération de grande ampleur » menée par les États-Unis dans la nuit de vendredi à samedi, qui a conduit à la capture du président Maduro et de son épouse, puis à leur transport hors du pays, selon Washington. Le président américain Donald Trump a confirmé samedi aux journalistes que les forces américaines avaient « mené avec succès une opération militaire extraordinaire dans la capitale du Venezuela » visant à arrêter M. Maduro. Il a affirmé que Maduro et son épouse avaient été « capturés et exfiltrés du pays » dans le cadre d’une action « menée en coordination avec les forces de l’ordre américaines ».
Lors de sa conférence de presse à Mar-a-Lago, M. Trump a déclaré que les États-Unis « allaient diriger le pays jusqu’à ce qu’une transition sûre, appropriée et judicieuse puisse avoir lieu », tout en soulignant l’importance d’une transition politique « judicieuse ». Il a précisé que l’administration américaine entendait impliquer de grandes compagnies pétrolières américaines pour réparer l’infrastructure pétrolière vénézuélienne « gravement endommagée » et générer des revenus pour le pays.
Trump a aussi assuré que « le Venezuela est libre à nouveau » et que l’hémisphère occidental était « plus sûr » après l’opération, qu’il a qualifiée de réponse nécessaire aux menaces supposées que le régime de Maduro faisait peser sur les États-Unis via le trafic de drogues et d’armes.
La position de l’UA s’inscrit dans un concert de critiques internationales. L’Afrique du Sud a demandé une réunion d’urgence du Conseil de sécurité de l’ONU, dénonçant une violation de la Charte des Nations unies. Le gouvernement sud-africain estime que l’usage unilatéral de la force contre Caracas menace la stabilité internationale et viole le principe d’égalité entre États souverains. Le ministère russe des Affaires étrangères a également dénoncé une « violation inacceptable de la souveraineté d’un État indépendant », tandis que le leader politique français Jean-Luc Mélenchon a qualifié l’opération d’« intervention militaire d’un autre âge » et d’« enlèvement odieux ». La procureure américaine Pamela Bondi a, de son côté, salué l’opération sur X, la qualifiant de « hautement réussie », et a rendu hommage à Donald Trump pour avoir « exigé des comptes au nom du peuple américain ».
Washington a intensifié sa pression sur Caracas ces derniers mois, déployant sa flotte dans les Caraïbes et frappant certains navires vénézuéliens pour lutter contre le narcotrafic.
AC/APA