Guerre au Moyen-Orient : L’Iran joue « au plus malin »… Trump mécontent après la refermeture du détroit d’Ormuz

20 MINUTES – Face au blocus par les Etats-Unis des ports iraniens, Téhéran bloque de nouveau le détroit d’Ormuz, passage vital pour le commerce du pétrole.
Le bras de fer se poursuit entre Donald Trump et le régime en place à Téhéran avec à la clef un énième rebondissement concernant le détroit d’Ormuz. Après une brève réouverture, l’Iran a en effet de nouveau fermé samedi ce passage stratégique, déclarant que cette voie maritime cruciale pour le commerce international des hydrocarbures ne serait pas rouverte tant que les États-Unis poursuivent leur blocus des ports iraniens.
Ce durcissement intervient en plein ballet diplomatique pour essayer de mettre fin à la guerre au Moyen-Orient, au-delà du cessez-le-feu de deux semaines entré en vigueur le 8 avril entre Iran et Etats-Unis et qui arrive bientôt à expiration.

Trump fustige un « chantage »
Face au maintien du blocus par les Etats-Unis, l’Iran a donc fait volte-face samedi, assurant vouloir contrôler le trafic à travers le détroit d’Ormuz jusqu’à la fin de la guerre, au lendemain de sa décision d’autoriser le passage d’un « nombre limité » de pétroliers et de navires commerciaux.
« Ils jouent au plus malin », a réagi Donald Trump, estimant qu’il ne pouvait pas y avoir de « chantage ». Le président américain a toutefois fait état de « très bonnes conversations » en vue d’une cessation durable des hostilités.

Les négociations se poursuivent
Le président du parlement de la République islamique, Mohammad Bagher Ghalibaf, qui avait représenté l’Iran lors de récentes négociations a, lui, évoqué « des progrès », mais précisé que les deux pays étaient « encore loin » d’une entente finale. Plus tôt, le Conseil suprême de sécurité nationale iranien avait dit examiner de nouvelles propositions de Washington et promis de ne faire « aucun compromis ».
Après plus d’un mois d’une guerre qui a fait des milliers de morts, principalement en Iran et au Liban, l’annonce vendredi par Téhéran de la réouverture du détroit avait donné un coup de fouet aux marchés financiers et provoqué un fort repli des cours du brut, alors qu’un cinquième du pétrole brut et du gaz naturel liquéfié mondiaux transite habituellement par Ormuz.
Si des navires ont pu franchir samedi le détroit pendant sa réouverture temporaire, d’autres ont essuyé des tirs et des menaces de l’armée iranienne. Tout navire s’approchant désormais du détroit sera « pris pour cible », ont averti les Gardiens de la révolution, l’armée idéologique de l’Iran.

Les tractations se poursuivent, elles, en coulisses, le chef de la diplomatie égyptienne Badr Abdelatty disant « travailler sans relâche » au côté du Pakistan en vue d’« un accord final ». Les pourparlers directs entre Iran et Etats-Unis, les premiers en personne à un tel niveau depuis la Révolution islamique de 1979, s’étaient tenus les 11 et 12 avril à Islamabad mais avaient échoué.

20 Minutes avec AFP



By Albert C. Diop

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