Depuis quelques semaines, les producteurs maraîchers riverains des berges de Thienel (à proximité du fleuve Sénégal) sont victimes des destructions récurrentes de leurs cultures par des troupeaux de chameaux divaguant dans la zone en cette période de soudure.

Ces destructions se font nuitamment en violation flagrante des dispositions du code pastoral. Les multiples plaintes adressées par les producteurs aux autorités compétentes sont classées sans suite au mépris des règles les plus élémentaires du droit. Pourtant, notre visite sur les lieux a révélé des preuves matérielles de destruction de manguiers, de plants de haricots, de gombos, de courges-pastèques : les bêtes y ont laissé leurs empreintes, leurs déchets en plus des bouts de tiges (cf. photos).

Ainsi en moins d’un mois, des fermes appartenant aux nommés Daouda Amadou Dia, Abou Boubou Fall et Ibrahima Thiam ont été dévastées par ces animaux en divagation dans cette zone agricole.

Selon M. Abou Boubou Fall, le Président du GIE « Ngatamaare Bamtaare » qui regroupe une vingtaine de coopératives agréées, « Les bêtes franchissent les clôtures en grillage ou fils barbelés pour s’introduire dans les périmètres détruisant tout sur leur passage. Nous les avons plusieurs fois surpris dans nos fermes. Nous les avons conduits à la fourrière municipale mais les propriétaires se manifestent rarement ». Poursuivant, M. Fall dénonce avec véhémence l’attitude des autorités administratives locales (Hakem, Chef de brigade de gendarmerie) qui ont toujours traité cette affaire de « façon tendancieuse » estimant que celles-ci « accordent plus de protection aux responsables des chameaux qu’aux propriétaires des fermes. Si nous attrapons un chameau pour étayer nos accusations, le Hakem nous accuse de nous faire justice », a-t-il lancé. « La gendarmerie n’est jamais venue sur le terrain pour constater les dégâts ; Par contre, si un chameau est retrouvé mort ou blessé près des périmètres, elle se précipite sur les lieux, flanquée du propriétaire pour pointer un doigt accusateur sur nous », s’écrie Fall Abou visiblement indigné par cette « justice à double vitesse ».

 En somme, les producteurs des fermes maraîchères de Thiénel expriment leur désarroi face à cette situation qu’ils jugent « injuste et inacceptable » et qui donne l’impression que certaines personnes sont au-dessus de la loi. Ils lancent un appel solennel aux plus hautes autorités du pays pour qu’ils mettent un terme à ces agissements qui sont susceptibles de porter un grave préjudice à la paix civile, à la cohésion sociale et à la sécurité alimentaire.

Dia Abdoulaye Alassane

By Albert C. Diop

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