
sahel-intelligence.com
Le Mali connaît une nouvelle flambée de violences après plusieurs attaques coordonnées attribuées au Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (JNIM), affilié à Al-Qaïda, et à des groupes armés du Front de libération de l’Azawad (FLA), basés dans le sud de l’Algérie et dans le nord du Mali.
Dans ce contexte, des observateurs sécuritaires accusent l’Algérie de soutenir ou de tolérer certains groupes armés opérant dans la région du Sahel, des accusations régulièrement rejetées par Alger.
Dans la région de Bandiagara, au centre du Mali, au moins 25 personnes ont été tuées jeudi lors d’attaques menées contre cinq villages, selon des sources locales et administratives, une information rapportée par l’AFP. Le bilan provisoire fait également état de nombreux blessés, dont des femmes et des enfants.
Des habitants affirment que les assaillants ont incendié plusieurs villages, pillé du bétail et provoqué un déplacement massif de populations. Depuis vendredi matin, de nombreuses familles auraient fui la zone dans des conditions difficiles.
Selon des responsables locaux, les villages ciblés auraient refusé de conclure des arrangements avec les jihadistes du JNIM. Les victimes seraient principalement des civils ainsi que quelques chasseurs traditionnels dozos engagés dans des groupes d’autodéfense face à l’insécurité croissante.
La région de Bandiagara avait déjà été frappée par des attaques similaires il y a deux semaines, faisant plus de 70 morts.
Parallèlement, les groupes jihadistes et du FLA continuent de renforcer leur pression sur les axes routiers stratégiques du pays. Depuis fin avril, plusieurs routes menant à Bamako seraient sous blocus, avec des véhicules de transport et des camions incendiés.
Dans le nord du Mali, un maître coranique de Tonka, dans la région de Tombouctou, a été exécuté publiquement jeudi soir par les terroristes jihadistes. Selon des sources locales, il aurait été accusé de ne pas pratiquer « le bon islam ».
Cette exécution intervient après plusieurs assassinats ayant choqué la population locale, notamment celui de la tiktokeuse Mariam Cissé en novembre dernier et celui d’Amadou Baba Baby en mars, tous deux perçus comme proches des autorités maliennes.
Selon plusieurs analystes, le régime militaire algérien chercherait à déstabiliser durablement la région du Sahel afin de préserver son influence géopolitique et empêcher l’émergence de puissances régionales concurrentes.
Cette stratégie passerait, selon ces experts, par l’entretien de tensions frontalières, des jeux d’alliances ambigus avec certains groupes armés et une politique sécuritaire opaque qui contribue à fragiliser davantage le Mali, le Niger, le Burkina Faso, le Tchad, la Libye et l’ensemble de la bande sahélienne.
Cette stratégie passerait, selon ces experts, par l’entretien de tensions frontalières, des jeux d’alliances ambigus avec certains groupes armés et une politique sécuritaire opaque qui contribue à fragiliser davantage le Mali, le Niger, le Burkina Faso, le Tchad, la Libye et l’ensemble de la bande sahélienne.
Les observateurs estiment que cette instabilité permettrait à Alger de renforcer son rôle d’interlocuteur incontournable dans les dossiers sécuritaires régionaux et de maintenir une pression constante sur les gouvernements voisins et même européens.lesahel-