
= Le partenariat agricole entre la Mauritanie et l’Arabie saoudite : une opportunité stratégique qui exige un encadrement rigoureux
L’accord portant sur l’exploitation de plus de 53 000 hectares constitue sans doute l’une des plus importantes conventions agricoles conclues par la Mauritanie avec un investisseur étranger. À lui seul, ce projet peut transformer une partie importante de la vallée du fleuve Sénégal en un pôle agricole moderne. Toutefois, l’importance du projet impose un niveau élevé de transparence, de gouvernance et de protection de l’intérêt national.
La terre est une richesse non renouvelable. Elle représente à la fois un patrimoine économique, un facteur de souveraineté alimentaire, un espace de vie pour les populations rurales et un levier de stabilité sociale. C’est pourquoi tout accord portant sur une aussi vaste superficie doit être apprécié non seulement sous l’angle économique, mais également sous les angles juridique, social, environnemental et géopolitique.
I. Les motivations de la Mauritanie
Pour l’État mauritanien, plusieurs objectifs peuvent justifier cet accord.
attirer des investissements étrangers importants sans mobiliser des ressources budgétaires considérables ;
accélérer la modernisation de l’agriculture ;
augmenter la production céréalière et maraîchère ;
développer les infrastructures rurales ;
créer des emplois dans les régions concernées ;
renforcer les relations économiques avec un partenaire majeur du monde arabe.
Dans un contexte de changement climatique et de dépendance alimentaire, ces objectifs sont légitimes.
II. Les motivations de l’Arabie saoudite
L’Arabie saoudite poursuit depuis plusieurs années une politique d’investissements agricoles à l’étranger.
Les raisons sont connues :
préserver ses ressources en eau ;
sécuriser son approvisionnement alimentaire ;
diversifier ses investissements ;
garantir des productions agricoles destinées à son marché.
Autrement dit, il s’agit également d’un investissement stratégique pour Riyad.
III. Les bénéfices potentiels pour la Mauritanie
- Un investissement massif
L’État économise des investissements publics considérables.
Le partenaire finance notamment :
l’irrigation ;
les routes agricoles ;
les stations de pompage ;
les magasins de stockage ;
les équipements agricoles.
Ces infrastructures resteront en principe sur le territoire national. - Une modernisation technologique
Le projet peut introduire :
l’agriculture de précision ;
les systèmes d’irrigation économes en eau ;
les drones agricoles ;
la mécanisation moderne ;
les techniques de conservation.
Ces innovations peuvent profiter à l’ensemble du secteur agricole. - Création d’emplois
Les effets attendus concernent :
les ouvriers agricoles ;
les ingénieurs ;
les techniciens ;
les transporteurs ;
les artisans ;
les commerçants.
L’effet multiplicateur peut être important. - Développement régional
Les localités concernées pourraient bénéficier :
d’électricité ;
d’eau ;
de routes ;
de marchés ;
d’écoles ;
de centres de santé.
Le développement agricole peut entraîner un développement territorial.
IV. Les risques majeurs - Le risque foncier
C’est probablement le risque le plus important.
Même si les terres appartiennent juridiquement à l’État, elles sont souvent utilisées depuis des générations.
Des conflits peuvent apparaître entre :
agriculteurs ;
éleveurs ;
collectivités locales ;
investisseurs.
Sans concertation préalable, ces conflits peuvent devenir graves. - Le risque sur la souveraineté alimentaire
La question essentielle est simple :
La production sera-t-elle destinée aux Mauritaniens ou principalement exportée ?
Si l’essentiel des récoltes quitte le pays, la contribution à la sécurité alimentaire nationale restera limitée. - Le risque environnemental
Un périmètre de … Conférence télévisée du Président de la République du 24 juillet 2026 : la démonstration d’une gouvernance de responsabilité et d’une vision d’État
Dans la vie d’une Nation, certaines interventions présidentielles dépassent le cadre de la communication institutionnelle pour devenir de véritables actes politiques. La conférence télévisée du Président de la République, Son Excellence Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani, du 24 juillet 2026, appartient à cette catégorie.
Loin d’être un simple exercice médiatique, cette rencontre avec la presse a constitué un moment de clarification stratégique, où le Chef de l’État a exposé sa conception du pouvoir, sa lecture des défis nationaux et sa vision de l’avenir de la Mauritanie.
Au-delà des réponses apportées aux journalistes, le Président a adressé un message fort : la Mauritanie est engagée dans une dynamique de transformation qui privilégie la stabilité, le dialogue, les réformes et le développement, sans céder aux logiques de confrontation ou de précipitation.
Une nouvelle culture politique fondée sur le dialogue
Le message le plus puissant de cette conférence réside dans la place centrale accordée au dialogue national.
En faisant du dialogue un instrument permanent de gouvernance, le Président rompt avec une culture politique où les désaccords étaient souvent perçus comme des rapports de force. Il propose une méthode différente : écouter avant de décider, associer avant de réformer et rechercher le consensus avant d’imposer.
Ce choix n’est pas un signe de faiblesse. Au contraire, il traduit la confiance d’un dirigeant convaincu que la force d’un État réside dans sa capacité à rassembler les énergies plutôt qu’à entretenir les divisions.
Dans un environnement régional marqué par des crises politiques, des ruptures institutionnelles et des transitions parfois violentes, cette orientation apparaît comme un véritable choix stratégique.
La stabilité érigée en doctrine de gouvernement
Tout au long de son intervention, le Président a rappelé que la stabilité n’est pas une fin en soi, mais la condition indispensable de tout progrès.
Sans sécurité, il n’y a ni investissement.
Sans confiance, il n’y a ni croissance.
Sans institutions solides, il n’y a ni développement durable.
Cette conviction explique la priorité accordée au renforcement des institutions, à la cohésion nationale et à la préservation d’un climat politique apaisé.
Le Chef de l’État défend ainsi une vision selon laquelle la stabilité est un capital national qu’il faut protéger avec la même détermination que les ressources économiques du pays.
Une gouvernance qui privilégie les résultats
Le Président n’a pas cherché à convaincre par les slogans. Il a choisi de mettre en avant des réalisations, des réformes engagées et des perspectives.
Cette approche traduit une évolution importante de la gouvernance publique : le débat politique ne doit plus porter uniquement sur les intentions, mais sur les résultats obtenus et les engagements tenus.
Cette logique de redevabilité renforce la crédibilité de l’action publique et invite l’ensemble des institutions à inscrire leur travail dans une culture de performance.
Une vision économique tournée vers l’avenir
L’économie occupe une place centrale dans la vision présidentielle.
Le Président a rappelé que les ressources naturelles, les investissements structurants, les infrastructures et les grands projets ne constituent pas une fin en soi. Leur véritable objectif est d’améliorer durablement les conditions de vie des Mauritaniens.
La croissance économique n’a de sens que si elle crée des emplois, réduit les disparités régionales et offre des perspectives à la jeunesse.
C’est cette articulation entre développement économique et justice sociale qui donne toute sa portée politique à son discours.
Une lutte contre la corruption qui engage l’État tout entier
Le Président a réaffirmé avec fermeté son attachement à la transparence et à la bonne gouvernance.
Au-delà des déclarations de principe, le message est clair : aucun projet de développement ne peut réussir si les ressources publiques ne sont pas gérées avec rigueur, équité et responsabilité.
La lutte contre la corruption est ainsi présentée comme une exigence de crédibilité de l’État et un levier indispensable pour restaurer la confiance des citoyens.
Une Mauritanie qui assume un rôle régional croissant
Sur le plan international, le Président a mis en avant une diplomatie équilibrée, fondée sur le dialogue, la coopération et la recherche de solutions pacifiques.
Cette posture renforce l’image d’une Mauritanie stable, crédible et respectée, capable de dialoguer avec l’ensemble de ses partenaires et de contribuer à la stabilité régionale.
Dans un contexte international marqué par les tensions géopolitiques, cette position constitue un atout stratégique majeur.
Un appel à la responsabilité collective
L’un des enseignements les plus importants de cette conférence est sans doute le rappel que la construction nationale ne peut être l’œuvre d’un seul homme ou d’un seul gouvernement.
Le Président a implicitement appelé les partis politiques, les élus, les acteurs économiques, la société civile et les citoyens à partager la responsabilité du destin national.
Ce message invite chacun à dépasser les intérêts particuliers pour placer l’intérêt supérieur de la Nation au-dessus des clivages.
Conclusion
La conférence télévisée du 24 juillet 2026 restera comme un moment important de la vie politique nationale. Elle a permis au Président Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani de réaffirmer une vision de l’État fondée sur le dialogue, la stabilité, la responsabilité et la recherche de résultats.
Au-delà de l’exercice de communication, cette intervention a rappelé une vérité essentielle : les grandes Nations se construisent moins par la force des discours que par la constance des réformes, la solidité des institutions et la confiance entre les gouvernants et les citoyens.
C’est dans cette perspective que s’inscrit le projet présidentiel : bâtir une Mauritanie plus unie, plus prospère, plus juste et plus influente, où le développement économique, la cohésion sociale et la stabilité politique avancent de concert au service des générations présentes et futures.
Abdallahi Sarr, Tél : +222 46 50 03 02
Administrateur de Régies Financières (Retraité)