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Réunis à Luanda pour renforcer les mécanismes africains de prévention et de résolution des conflits, les membres du Conseil exécutif de l’Union africaine ont appelé à des réponses plus adaptées à la complexification des défis sécuritaires sur le continent.

Le président de la Commission de l’Union africaine (UA), Mahmoud Ali Youssouf, a appelé à une accélération des réformes des mécanismes continentaux de paix et de sécurité, estimant que l’Afrique était confrontée à des défis de plus en plus complexes.

Intervenant lors de la 26e session extraordinaire du Conseil exécutif de l’UA, tenue samedi à Luanda et consacrée au renforcement des mécanismes de prévention et de résolution des conflits en Afrique, il a cité notamment l’évolution du terrorisme et de l’extrémisme violent, les crises internes, les tensions interétatiques et les chocs extérieurs.

« Sommes-nous prêts à affronter ces défis avec les stratégies, les mécanismes et les ressources actuellement disponibles ? L’Architecture africaine de paix et de sécurité est-elle adaptée à ces circonstances ? », s’est interrogé Mahmoud Ali Youssouf.

Si les instruments existants ne répondent pas suffisamment à ces nouveaux défis, « l’Afrique doit rapidement avancer sur des réformes », a-t-il souligné.

Le président de la Commission a plaidé pour un renforcement de la prévention et de l’alerte précoce, une meilleure coordination entre les différentes institutions et acteurs africains, ainsi qu’une approche globale dans la lutte contre le terrorisme et l’extrémisme violent.

Il a également estimé que la fermeté face aux changements anticonstitutionnels de gouvernement devait demeurer essentielle, tout en allant de pair avec le dialogue.

Mahmoud Ali Youssouf a par ailleurs insisté sur la nécessité de renforcer le financement africain de la paix. Selon lui, l’objectif de « Faire taire les armes » à l’horizon 2030 ne peut plus dépendre principalement des ressources extérieures.

Il a, dans ce contexte, appelé au renforcement du Fonds pour la paix de l’UA et à un renouvellement du soutien à la résolution 2719 du Conseil de sécurité des Nations Unies.

« La volonté politique reste la pierre angulaire de nos efforts collectifs », a déclaré le président de la Commission de l’UA.

La voie à suivre, a-t-il ajouté, devra être guidée par la prévention, la coordination, un financement durable, la responsabilité ainsi qu’un suivi et une évaluation efficaces des mécanismes continentaux de prévention et de résolution des conflits.

Ouvrant les travaux, le ministre burundais des Affaires étrangères et président en exercice du Conseil exécutif de l’UA, Édouard Bizimana, a pour sa part rappelé les progrès réalisés par le continent dans la mise en place de mécanismes collectifs de paix et de sécurité.

Il a toutefois relevé une recrudescence « alarmante » des crises politiques et sécuritaires en Afrique, évoquant notamment le terrorisme et l’extrémisme violent, la criminalité transnationale, les tensions interétatiques, les changements anticonstitutionnels de gouvernement, les crises humanitaires, l’insécurité climatique et les nouvelles menaces technologiques.

Les participants à la réunion de Luanda doivent examiner des projets de décision, un plan d’action et une matrice de mise en œuvre relatifs au renforcement des mécanismes africains de prévention et de résolution des conflits, avant leur transmission à la Conférence des chefs d’État et de gouvernement de l’UA.

AC/Sf/APA

AfriqueAngolaCo

By Albert C. Diop

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